série Belisama – Sexographie

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La cascade de ton intimité coule entre mes seins. Ce matin paresseux nous poussa à nous retrouver en l’autre. Pour ma part, mes ongles, mes dents s’infiltrèrent en chacun de tes pores, de tes orifices et s’ils n’existaient pas, je les créais et ainsi voyais ton sang onctueux se répandre grâce à eux. De ton coté, tu aimais caresser mon corps avec chaque partie du tien. Lentement, suavement puis presque dans l’urgence, tu accélérais pour ensuite laisser la marque étincelante de ton sexe affamé.

Sculpteur Philippe Buil

série Satie – En habit de cheval II

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Le pas de cet entier, emporte en mouvement gracieux son cavalier et moi trônant sur son vaira. Une douce brise me fait flotter, entourée de mes sœurs. Les pas des bersagliers frappant sur les pavés, suivant le destrier où je suis perché, font vibrer mes vexillums. Cet instant est un jour de parade. Seul l’air prévenant joue avec moi et non le sabre tranchant. Le chant de nos camarades redonne vie à nos corps rendus aux mânes.

Sculpteur Philippe Buil

série Belisama – Hammam

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Lorsque les chaudes journées d’été écrasaient toute envie d’explorer ma ville; je me glissais en silence entre les portes lourdes en bois qui marquaient l’entrée du monde des femmes. Telles ces souris du désert, j’avançais en silence, utilisant chaque poche d’ombre afin de rejoindre ma cachette. De ce poste d’observation, je contemplais la beauté des émanations odorantes s’enchevêtrant aux corps nus, ici offerts, sans pudeur, ni gène. Parfois les voiles, les vapeurs humides et les fumées d’encens drapaient les corps si étroitement, qu’ils formaient un habit unique aussi fragile que sublime.

Sculpteur Philippe Buil

série Belisama – Minerve

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Mon esprit n’est pas seulement fait de guerres et de rivières de sang, il est aussi art, évolution et construction. Ils me veulent telle les furies, mais mon essence est tout autre. Certes, je suis implacable et mon corps laisse apparaître la force de mon âme et la vaillance de mon esprit, mais je suis aussi faite pour ériger des empires. Mon père me condamna à traverser l’éternité seule, aucun amant, aucun mari, c’est peut être de là que vient la fulgurance de mon courroux. Parfois quand la nuit nous drape de son mystère sécurisant, je rêve qu’un centaure m’enlève loin de ces palais glacés. Mais tout ceci n’est qu’une chimère, car vierge je dois rester.

Sculpteur Philippe Buil

série Satie – Aperçus désagréables III

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Ce matin, le reflet que me renvoie ma compagne de pierre, me trouble. Depuis des heures nos visages posés au creux de nos mains, nous nous contemplons. Seul le son des cloches de la cathédrale arrive à nous sortir de cette torpeur qui nous a emportée. Toi que je regarde et qui me regarde, toi qui est mon double en ce jour particulier; pourquoi t’a-t-on affublé de cornes? Pourquoi cette langue narquoise? Pourquoi ne prends tu pas ton envol comme moi? Toi qui en ce jour est mon double si différent, laisse moi t’emporter dans mon paradis retrouvé.

Sculpteur Philippe Buil

MINE DE RIEN

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Retrouvez mon dossier sur la mine et le musée de la mine de Saint Etienne, publié dans le magazine STEMP n°35 de Décembre 2014. Cliquez sur le lien suivant pour ouvrir le dossier: MINE DE RIEN

série Canis Felidae – L’adieu

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Les pièces sont si vides sans toi; ni le bruit de tes pas, ni ton souffle chaud ne viennent plus donner vie à ces lieux. Parfois une ombre se découpe sur les murs et je crois reconnaitre ta silhouette. Une forme éthérée emplie alors mon cœur, un peu de toi redonne vie à mon être déchiré. Que m’importe les moqueries ou les regards réprobateurs, tu fus mon compagnon pendant tant d’années, que je ne peux imaginer ma vie sans toi mon ami, mon frère, mon cerbère. Ton regard noisette ne sera plus là pour me donner cet amour que seul toi savais m’offrir.

Sculpteur Philippe Buil

série Satie – Ogives n°3

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La résonance douce qui émane des pierres grises qui m’entourent, appelle mes semblables. Leurs regards si longtemps pétrifiés, s’animent pour pouvoir me fixer. L’orgue m’accompagne pour mon à Dieu. Bientôt les musiques célestes vont me nimber. Vais-je oublier les laudes ou les vêpres qui m’ont nourri si longtemps? Déjà je m’envole pour apporter votre message ici-bas, déjà je pars vers les cieux. Mon cœur de nouveau bat en un rythme vertigineux.

Sculpteur Philippe Buil

série Satie – 3 morceaux en forme de poire IV

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L’académisme de votre regard que je sens posé sur moi, me laisse à penser que vous ne laissez pas le hasard guider votre vie, quelle erreur! N’est-il pas délicieux de sentir le frisson parcourir notre échine, lorsque nous savons qu’au coin de la rue, nous ne savons justement pas ce qui va nous arriver? Regardez-moi, scrutez-moi, caressez-moi… L’informe de mes formes n’est-il pas déjà une aventure en soi? Portez maintenant votre regard au-delà de moi et laissez le monde être votre maître.

Sculpteur Philippe Buil

série Satie – Nocturnes n°2

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Les ondes me portent au loin, vers le silence de la nuit. L’oiseau en chasse n’a pas senti le départ que j’ai pris. Tel un éclair neigeux je fonds avec lenteur sur ma cible. Pour atteindre ton cœur, je parcours les cieux nocturnes. J’atteindrai en son temps la main du poète qui m’ouvrira les portes closes de ton cœur endormi. Les nuages cotonneux distillent des musiques aériennes, annonçant la douceur de nos émois, que déjà une écriture imagine.

Sculpteur Philippe Buil